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Abraham Fraenkel (17 février 1891 [Munich] - 15 octobre 1965 [Jérusalem])

Abraham Fraenkel est un mathématicien d’abord Allemand puis Israélien célèbre pour ses travaux en théorie des ensembles. Il naît le 17 février 1891 à Munich au sein d’une famille juive. Né Adolf Fraenkel, il changera de prénom pour Abraham face à la montée du nazisme. Son père, marchand de laine et économiste pour le gouvernement allemand, est une figure importante du judaïsme orthodoxe en Bavière.

Fraenkel débute son apprentissage à l’âge de cinq ans sous la direction d’un précepteur engagé par sa famille puis rejoint l’école élémentaire à Munich avant d’entrer au Luitpold Gymnasium dont il sort (brillamment) diplômé en 1909. À l’instar de nombreux étudiants allemands à cette époque, Fraenkel poursuit ses études supérieures dans différentes universités. Il intègre l’université Ludwig-Maximilian de Munich puis rejoint successivement les université de Marbourg, de Friedrich-Wilhelm à Berlin (devenue depuis l’université Humboldt) et enfin de Breslau avant de retourner à Marbourg, où il soutient, en 1914, sa thèse de doctorat réalisée sous la supervision de Kurt Hensel. Débute alors la Première Guerre mondiale et Fraenkel est contraint de s’engager dans l’armée allemande, où il sert principalement au sein du corps médical. Il travaille en parallèle à sa thèse d’habilitation et la soumet en 1915. Toutefois, présent sur le front à ce moment là, il n’est pas en mesure de passer les examens ni de prononcer la leçon inaugurale nécessaire à sa nomination comme Privatdozent. En 1916, profitant d’une période de repos qui lui est accordée à la suite d’une maladie contractée sur le front serbe, il rentre à Marbourg et obtient finalement son titre.

Une fois la guerre terminée, Fraenkel retourne à Marbourg et débute ses enseignements à l’université. C’est à cette époque qu’il rencontre Wilhelmina Malka A. Prins (1892-1983) qui étudie alors l’allemand ; ils se marient en 1919 et ont ensemble quatre enfants. C’est à cette période également qu’il publie ses résultats majeurs en théorie des ensembles. En 1922, il est promu professeur à l’université de Marbourg, puis rejoint en 1928 l’université Christian-Albrecht de Kiel. En 1929, il interrompt pour deux ans son contrat à l’université de Kiel et accepte une invitation à un poste de professeur à l’université hébraïque de Jérusalem fondée quatre ans plus tôt.

A l’été 1931, il rentre en Allemagne, marquée alors par la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Le 1er avril 1933 a lieu une journée de boycott lors de laquelle les professeurs juifs se voient interdire l’accès des universités, et le 7 avril 1933 est adoptée la loi sur la restauration de la fonction publique qui exclut les juifs et les opposants politiques des postes dans les universités et au gouvernement. Bien que Fraenkel soit relativement épargné en tant que combattant de la Première Guerre mondiale, il s’inquiète de la montée de l’antisémitisme et décide de quitter l’université de Kiel le 25 avril 1933 pour retourner à Jérusalem. Il y retrouve alors son poste de professeur et est nommé doyen de la faculté de mathématiques en 1935.

Il se retire de l’université hébraïque en 1957, cédant sa place à son ancien étudiant Abraham Robinson, mais continue toutefois d’enseigner à l’université Bar-Ilan près de Tel Aviv. Il décède le 15 octobre 1965 à Jérusalem à l'âge de 74 ans.

L'œuvre de Fraenkel est riche. Ses premiers travaux concernent les nombres p-adiques de Kurt Hensel et la théorie des anneaux. Il est, néanmoins, plus connu pour son travail sur la théorie des ensembles de Zermelo, qu’il reformule en partie et à laquelle il ajoute le schéma d'axiomes de remplacement (proposé indépendamment par Thoralf Skolem), si bien que l’on parle aujourd’hui du système Zermelo-Fraenkel (ZF). Il laisse également son nom à la méthode de permutation de Fraenkel-Mostowski, jetant les bases de la preuve de l’indépendance de l’axiome du choix dans ZFC qui sera définitivement démontrée par Paul Cohen en 1963.

Fraenkel s'intéresse aussi à l’histoire des mathématiques : il publie des textes sur les travaux de Gauss en algèbre ainsi qu’une biographie de George Cantor. Parallèlement à son engagement actif en faveur du sionisme, il écrit de nombreux textes à la frontière entre philosophie, mathématiques et théologie.

Cette biographie a été rédigée avec l'aide de Raphaël Goutmann.

Les entrées du Dicomaths correspondant à Fraenkel

Les mathématiciens contemporains de Fraenkel (né en 1891)
  • Pavel Alexandrov (né en 1896)
  • Emil Artin (né en 1898)
  • René Baire (né en 1874)
  • Stefan Banach (né en 1892)
  • Félix Bernstein (né en 1878)
  • Serguei Bernstein (né en 1880)
  • Arne Beurling (né en 1905)
  • George David Birkhoff (né en 1884)
  • Harald Bohr (né en 1887)
  • Luitzen Egbertus Jan Brouwer (né en 1881)
  • Constantin Carathéodory (né en 1873)
  • Henri Cartan (né en 1904)
  • André-Louis Cholesky (né en 1875)
  • Richard Courant (né en 1887)
  • Georges De Rham (né en 1903)
  • Jean Dieudonné (né en 1906)
  • Paul Dirac (né en 1902)
  • Joseph Doob (né en 1910)
  • Pierre Fatou (né en 1878)
  • Lipót Fejér (né en 1880)
  • Ronald Aylmer Fisher (né en 1890)
  • Maurice Fréchet (né en 1878)
  • Guido Fubini (né en 1879)
  • René Gateaux (né en 1889)
  • Kurt Gödel (né en 1906)
  • Thomas Hakon Grönwall (né en 1877)
  • Hans Hahn (né en 1879)
  • Georg Hamel (né en 1877)
  • Godfrey Harold Hardy (né en 1877)
  • Jacques Herbrand (né en 1908)
  • Gaston Julia (né en 1893)
  • Andreï Kolmogorov (né en 1903)
  • Edmund Landau (né en 1877)
  • Henri Lebesgue (né en 1875)
  • Solomon Lefschetz (né en 1884)
  • Paul Lévy (né en 1886)
  • John Littlewood (né en 1885)
  • Szolem Mandelbrojt (né en 1899)
  • Paul Montel (né en 1876)
  • Louis Mordell (né en 1888)
  • John von Neumann (né en 1903)
  • Rolf Nevanlinna (né en 1895)
  • Emmy Noether (née en 1882)
  • Raymond Paley (né en 1907)
  • Michel Plancherel (né en 1885)
  • Emil Leon Post (né en 1897)
  • Srinivasa Ramanujan (né en 1887)
  • Frigyes Riesz (né en 1880)
  • Bertrand Russell (né en 1872)
  • Issai Schur (né en 1875)
  • Waclaw Sierpiński (né en 1882)
  • Sergei Sobolev (né en 1908)
  • Hugo Steinhaus (né en 1887)
  • Marshall Stone (né en 1903)
  • Teiji Takagi (né en 1875)
  • Otto Toeplitz (né en 1881)
  • Stanislaw Ulam (né en 1909)
  • Pavel Urysohn (né en 1898)
  • André Weil (né en 1906)
  • Hermann Weyl (né en 1885)
  • Norbert Wiener (né en 1894)
  • Oscar Zariski (né en 1899)