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Résumé de la discussion (messages les plus récents en premier)

Borassus
13-01-2024 19:35:36

Pour en revenir au sujet initial de la notation de Grassmann, je l'ai testée aujourd'hui auprès de deux élèves de Terminale en précisant qu'il s'agit d'une notation interdite au lycée, qu'elle fait l'objet d'un débat savant sur Bibm@th, qu'elle doit être comprise par rapport aux seules coordonnées, et qu'il faut la prendre comme une aide lorsqu'un énoncé contient beaucoup de points car elle limite le risque d'erreurs.

Dans les deux cas la notation a été immédiatement comprise comme étant une notation très claire.

Borassus
13-01-2024 19:28:40
bridgslam a écrit :

Bonjour,

[...]

Avec une fonction impaire présentant plusieurs points d'inflexions (changements de concavité) la propriété peut concerner plusieurs points et leurs tangente pour une même fonction f (f=g).
Exemple f:  x -> x  + xcos x (on élargit les oscillations ...pour obtenir plusieurs tangentes passant par O).

On en déduit la floppée d'exercices paramétrés:

soit $ f :  x \mapsto x + xcos x $ et $g_m : x \mapsto (x+m)(1 + cos(x+m))$ , $m \in \mathbb{R}$

Déterminer en fonction de m toutes les paires de points possédant une tangente commune pour $f$ et $g_m$

A.

Whouf ! J'essaie dans un premier temps de comprendre visuellement dans GeoGebra en faisant varier le curseur $m$.

En tout cas, je retiens le procédé pour expliquer la signification graphique de translation horizontale d'une fonction de structure $f(x -\alpha)$.

bridgslam
13-01-2024 10:12:22

Bonjour,

Borassus a écrit :

Les deux fonctions [tex]f[/tex] et [tex]g[/tex] en question sont définies par [tex]f(x) = e^x[/tex] et [tex]g(x) = -e^{-x - 1}[/tex].

En me rendant compte de la symétrie de ces deux fonctions par rapport au point [tex](-\frac{1}{2} , 0)[/tex], j'ai expliqué à mon élève comment vérifier que deux fonctions sont symétriques par rapport à un centre présumé [tex]C(\alpha, \beta)[/tex].

Bonne journée également.
B.

ok je vois, avec un peu d'habitude, une translation selon l'axe des x donne une fonction impaire était une façon de voir aussi.
Intéressant.

Avec une fonction impaire présentant plusieurs points d'inflexions (changements de concavité) la propriété peut concerner plusieurs points et leurs tangente pour une même fonction f (f=g).
Exemple f:  x -> x  + xcos x (on élargit les oscillations ...pour obtenir plusieurs tangentes passant par O).

On en déduit la floppée d'exercices paramétrés:

soit $ f :  x \mapsto x + xcos x $ et $g_m : x \mapsto (x+m)(1 + cos(x+m))$ , $m \in \mathbb{R}$

Déterminer en fonction de m toutes les paires de points possédant une tangente commune pour $f$ et $g_m$

A.

bridgslam
13-01-2024 09:51:08

Bonjour,

yoshi a écrit :

[EDIT]
Je rejoins Bernard-Maths. Cette notation me dérange aussi...
Dans le cas de translation de vecteur $\overrightarrow{V}(a,b,c)$ le translaté de $M (x_M, y_M,z_M)$ étant par définition le point $N(x_N, y_N,z_N)$ tel que $\overrightarrow{MN}=\overrightarrow{V}$, il aisé de déduire que $(x_N-x_M, y_N-y_M,z_N-z_M)=(a,b,c)$
et de là :
$\begin{cases}y_N&=a+x_M\\
y_N&=b+y_M\\
z_N&=c+z_M
\end{cases}$
alors en quoi, la notation nouvelle (pour moi) présentée est-elle un progrès par rapport à ce que j'ai fait ci-dessus ?

OK mais dès que vous invoquez les coordonnées d'un point de l'espace affine, vous êtes implicitement déjà sur l'espace vectoriel associé.
Les coordonnées en question ne sont pas une notion intrinsèque, et en plus dépendent conjointement d'un point annexe et d'une base
(repère affine).
Pour les férus de géométrie, une présentation dans le bouquin de Pierre Martin pour introduire la géométrie affine sous des angles variables (équivalents
à quelques deltas près qui sont bien précisés) montre que ce n'est pas une notion indépendante d'une action du groupe vectoriel sur l'ensemble.
Il faut bien dire à moment donné ce qu'est une translation en précisant donc les axiomes (existence, unicité), il est impossible de parler de coordonnées de point avant cette étape cruciale (et que dire des coordonnées d'ailleurs si l'espace vectoriel n'est pas de dimension finie?).
On peut choisir ensuite les notations que l'on préfère.

Alain

Borassus
12-01-2024 13:44:22
Borassus a écrit :

Comprenez la logique des formules

J'ai pu largement observer que les élèves filles — que j'ai en majorité — sont beaucoup plus sensibles à la compréhension de la logique que les élèves garçons, qui se contentent souvent d'une compréhension de surface.

Lorsqu'elles comprennent la logique d'une notion ou d'une formule, elles disent « C'est logique ; c'est simple ! » ou « C'est logique ; c'est facile ! »

C'est sans doute pour cela qu'elles braquent si souvent face aux maths : elles ressentent plus ou moins consciemment le manque de logique dans ce qu'on leur enseigne.
J'ai plusieurs fois entendu des filles me dire d'emblée « Ce n'est pas logique ! Je ne comprends pas ! »

DrStone
12-01-2024 13:42:07

Bonjour.

yoshi a écrit :

Pour expliciter ma pensée, tu rejoins probablement ce que j'ai voulu dire : pour beaucoup trop, un chapitre de maths se résume à apprendre quelques formules par cœur, et le(s) manuels assimilés à un (ou plusieurs) livre(s) de recettes de cuisine, pardon, de formules...

C'est ce que j'écrivais plus haut : «pour en arriver au point où, aujourd'hui, il n'y a plus de mathématiques à l'École. Tout au plus on y trouve de la vulgarisation (mal réalisée) de l'idée que se font les profanes des mathématiques.»

Pour l'être humain lambda, les mathématiques ça se résume (et c'est somme tout bien normal) à une série de formules à connaître ou non selon le degré d'utilité dans le prochain devoir : le périmètre d'un rectangle, l'aire d'un cercle, la conversion des litres en centimètres cubes ; parfois certains se souviennent que $\Delta=\frac{b^2}{-4ac}$ mais ne sauraient pas te dire ce que c'est, à quoi ça correspond ni ce que ça fait là : c'est comme ça "il existe un truc qu'on nomme delta et qui vaut $\frac{b^2}{-4ac}$" et puis c'est tout.

D'un autre côté, j'ai lu il y a quelques années les livres de votre époque (les fameux Lebossé-Hémery, Monge-Guinchan, cours Maillard) et il faut reconnaître qu'au collège (et même un peu au lycée — même si tout était au lycée à cette époque), hormis quelques passages de géométrie, l'accent n'était pas forcément mis sur la compréhension : ça tombait un peu comme un cheveu sur la soupe.
Pour revenir sur l'exemple (à la fois simple et symptomatique) des identités usuelles on avait (et on a encore aujourd'hui) presqu'instantanément $(a+b)^2=a^2+2ab+b^2$ tandis qu'à mon époque le développement était complet
\[
\begin{align}
(a+b)^2 & = (a+b)(a+b) & \text{par définition} \\
             & = a(a+b)+b(a+b) & \text{la multiplication est distributive par rapport à l'addition} \\
             & = (a^2+ab)+(ba+b^2) & \text{la multiplication est distributive par rapport à l'addition} \\
             & =a^2+(ab+ba)+b^2 & \text{l'addition est associative} \\
             & =  a^2+(ab+ab)+b^2 & \text{l'addition est commutative} \\
             & =  a^2+2ab+b^2 \\
\end{align}
\]
Le seul moyen de réussir à faire un exercice sur une autre identité usuelle était alors d'avoir une compréhension des objets utilisés ; autrement dit : comprendre la logique qui se cache derrière. C'est sûrement la raison qui a poussé à créer et enseigner les mathématiques modernes (pas si modernes que cela), d'ailleurs.

Edit:

Néanmoins, une fois cet exercice assimilé et compris ; le passage en degré trois se fait aisément et de la même manière en posant $(a+b)^3=(a+b)(a+b)^2$ : on connait alors déjà le développement de $(a+b)^2$ qu'on remplace, on applique les mêmes raisonnements avec les mêmes commentaires (en tout cas, ceux-ci étaient importants pour mes professeurs qui les demandaient à chaque fois) et roulez jeunesse.

——

J'imagine cependant que la différence entre votre époque et aujourd'hui venait d'une part des professeurs eux-mêmes (qui étaient initialement formés avec des programmes plus ambitieux et cohérents) ainsi que des élèves qui étaient sûrement plus volontaires et moins distraits. Après, peut-on en vouloir aux élèves d'aujourd'hui de se dire que ça ne sert à rien ? Sachant qu'à la grande différence de nos époques, l'ascenseur social n'existe plus et ce n'est pas le fait d'aller à l'école qui les fera sortir de leur misère…

Edit:

tu as vécu l'épisode des "Maths modernes", te souviens-tu qu'en 4e les élèves avaient au programme les... Barycentres ?

Comme tu en parles, je donne mon point de vue d'élève de cette époque. Les barycentres étaient "faciles" à utiliser mais conceptuellement (tangiblement devrais-je plutôt dire) ça nous passait au-dessus. Aussi bien moi que la plupart de mes camarades, nous n'avions réussi à avoir une première compréhension conceptuelle de ceux-ci qu'en première ; bien aidé par la physique.

Aucun réel souci sur le plan théorique, bien entendu. Mais à nouveau, niveau conceptuel, les programmes de quatrième et troisième ont loupé le coche sur certaines notions et les barycentres en faisaient partie.

Borassus
12-01-2024 13:15:27

Bonjour yoshi,

yoshi a écrit :

Pour expliciter ma pensée, tu rejoins probablement ce que j'ai voulu dire : pour beaucoup trop, un chapitre de maths se résume à apprendre quelques formules par cœur, et le(s) manuels assimilés à un (ou plusieurs) livre(s) de recettes de cuisine, pardon, de formules...

J'ai eu l'année dernière un élève de Terminale suffisant — je dirais "puantissime" — qui, lorsque je tentais de lui expliquer la logique d'une formule — me répondait « Cela ne m'intérese pas ! Je veux juste connaître les recettes. » Il a eu son 20 en maths. Bon débarras !

yoshi a écrit :

en amont de la formule, il y a un raisonnement, qui s'il est compris, peut faciliter l'emploi de la formule, rend capable de la retrouver si besoin est

Oui !!! Je dis à mes élèves « On vous gave de formules comme on gave des oies du Périgord ! Comprenez la logique des formules, en français simple, non mathématique, compréhensible par "une Madame Michu" (ou par "un Monsieur Michu", ne soyons pas sexistes :-), mais n'apprenez pas les formules ! Personnellement, je me refuse à encombrer la mémoire de formules que je peux retrouver en quelques secondes ! »

yoshi a écrit :

(tiens, au passage, Bridgslam, je ne connaissais pas le mot "Intégrande")

Je ne connaissais pas non plus. Je retiens l'expression car elle a du sens.

yoshi a écrit :

27 / 2 = 13,5

C'est quoi 0,5 d'élève ?  :-)

yoshi a écrit :

que feraient 60 % des élèves de Tle avec spé maths, sans leur calculatrice ?

Il leur faut presque la calculatrice pour calculer 3 fois 2 (ou 2 fois 3).
J'essaie aussi de faire comprendre les ordres de grandeurs et les fractions : 2 plus 2 tiers est plus compréhensible que 2,66666...

yoshi a écrit :

Bon, nous en Math Elem, on utilisait un succédané : les Tables de valeurs numériques Laborde que j'ai conservées soigneusement...

Je conserve pour ma part précieusement ma règle à calcul Aristo, même si je ne m'en sers jamais.

yoshi a écrit :

Il me semble logique de ne pas développer de façon un peu "fantaisiste" : le premier terme étant [tex]a[/tex], il me semble logique en effet de commencer par [tex]a^3[/tex] et de donner les termes suivants selon les puissances décroissantes de a, qui sont les puissances croissantes de b.

Oui !!! [tex]a + b[/tex] signifie qu'il y a d'abord [tex]a[/tex] auquel on ajoute [tex]b[/tex] (voir mon exemple avec 100 € + 5 €, et 5 € + 100 €). Il est donc logique que [tex]a[/tex] soit prioritaire, et que le développement commence par [tex]a^3[/tex].

yoshi a écrit :

là encore des calculatrices maintenant sont en capacité d'effectuer du calcul formel

Le calcul formel montre de beaux exemples de calcul automatique sans aucune logique. Je me suis amusé à poser sur Xcas [tex](a + b + c + d + e)^4[/tex]. Le résultat est assez merveilleux.

yoshi a écrit :

Je me demande si le passage des 9 h hebdomadaires de Maths aux 5 h 30 actuels n'a pas été dicté par une volonté d'économie : on ne peut pas faire tenir le contenu de 9 h en 5 h 30, on commence par supprimer des pans de programme et ainsi on peut ne plus attribuer que 5 h 30.

Peut-être. La supposition peut être considérée comme pertinente.  :-)

yoshi a écrit :

Borassus, puisque tu as vécu l'épisode des "Maths modernes", te souviens-tu qu'en 4e les élèves avaient au programme les... Barycentres ?

Oui, tout à fait. Ils avaient beaucoup de mal à comprendre qu'un barycentre est un point d'équilibre.

@+

yoshi
12-01-2024 12:22:50

Bonjour,

Ce débat serait peut-être plus adapté dans le Café Mathématique...
Je vais y réfléchir.

Borassus a écrit :
yoshi a écrit :

    Ah, les sacro-saintes formules

Ce qui est grave, ce n'est pas tant les formules que l'incompréhension de la logique de ces formules.

Pour expliciter ma pensée, tu rejoins probablement ce que j'ai voulu dire : pour beaucoup trop, un chapitre de maths se résume à apprendre quelques formules par cœur, et le(s) manuels assimilés à un (ou plusieurs) livre(s) de recettes de cuisine, pardon, de formules...
Ça a toujours eu le don de m'agacer prodigieusement : en amont de la formule de la formule, il y a un raisonnement, qui s'il est compris, peut faciliter l'emploi de la formule, rend capable de la retrouver si besoin est : j'en sais quelque chose...
Je refusais d'apprendre les formules par cœur, mais je les savais par cœur (en 37 ans de carrière, j'ai toujours fait le distinguo entre apprendre et savoir) et les raisonnements y conduisant étaient compris et intégrés (tiens, au passage, Bridgslam, je ne connaissais pas le mot "Intégrande") et savais les reconstruire...
Et cette incompréhension commence tôt : dès la 6e ! Et donc, comment cela pourrait-il s'arranger par la suite ? Même le sens "profond" des opérations telle la division, voire la multiplication passe à cent coudées au-dessus de leur tête.
Combien n'en ai-je pas surpris dans la résolution de ce simple exercice :
Une classe de 27 élèves est partagée en 2 groupes dont l'un comprend 5 élèves de plus que l'autre. Combien d'élèves comprend chaque groupe ?
Réponse classique que je refusais :

27 / 2 =13,5
5/2 = 2,5
13,5+2,5 = 16
13,5-2,5 = 11
Les 2 groupes comprennent 16 et 11 élèves.

au motif que, dans cet exercice, la division était illégale, qu'ils n'avaient pas le droit de la faire, même si le résultat était était exact.
Je me demande d'ailleurs, en écrivant ces lignes, comment procéderait ChatGpt...

Ce qui m'amène à un autre questionnement :
hors emploi (presque) indispensable (cas de la Trigonométrie ou des logs et autres exponentielles), que feraient 60 % des élèves de Tle avec spé maths, sans leur calculatrice ?
Bon, nous en Math Elem, on utilisait un succédané : les Tables de valeurs numériques Laborde que j'ai conservées soigneusement...

Développement de $(a+b)^3$
Il me semble logique de ne pas développer de façon un peu "fantaisiste" :
le premier terme étant $a$, il me semble logique en effet de commencer par $a^3$ et de donner les termes suivants selon les puissances décroissantes de a, qui sont les puissances croissantes de b.
A ne pas le faire, ne risque-t-on pas d'accréditer l'idée chez certains que $a$ et $b$ sont "interchangeables" et donc que $(a-b)^3$ et $(b-a)^3$, c'est "la même chose" ? il en faut déjà tellement peu pour les déstabiliser...

Oui aussi pour la curiosité : c'est l'envie d'en savoir plus d'ouvrir les portes encore fermées.
Je professais, à mon niveau, que faire des maths c'était utiliser de façon intensive les 3 verbes observer, comparer, déduire...
Ainsi devant la recherche d'une factorisation de polynômes, un élève pourrait très bien se dire : 
peut-on diviser des polynômes  ? Si oui, si je connais un des facteurs cherché, pourquoi ne pas utiliser cette division ?... ce qui impliquerait quand même qu'il maîtrise la technique de la division tout court.
là encore des calculatrices maintenant sont en capacité d'effectuer du calcul formel (il me semble avoir lu que la philosophie des programmes actuels est de "libérer" les élèves de ces tâches mécaniques pour les confier aux machines...

Il y aurait encore tant à dire : a-t-on, parmi les penseurs qui président à l'élaboration des programmes, pris conscience que si on ne réagit pas, le niveau global va continuer à descendre ?
Je me demande si le passage des 9 h hebdomadaires de Maths aux 5 h 30 actuels n'a pas été dicté par une volonté d'économie : on ne peut pas faire tenir le contenu de 9 h en 5 h 30, on commence par supprimer des pans de programme et ainsi on peut ne plus attribuer que 5 h 30.
Si devais lister, dans un premier temps, ce qui a disparu des programmes de Collège depuis l'abandon des Maths modernes pour repasser aux Maths "classiques", l'énumération serait looongue...
Borassus, puisque tu as vécu l'épisode des "Maths modernes", te souviens-tu qu'en 4e les élèves avaient au programme les... Barycentres ?

@+

[EDIT]
Je rejoins Bernard-Maths. Cette notation me dérange aussi...
Dans le cas de translation de vecteur $\overrightarrow{V}(a,b,c)$ le translaté de $M (x_M, y_M,z_M)$ étant par définition le point $N(x_N, y_N,z_N)$ tel que $\overrightarrow{MN}=\overrightarrow{V}$, il aisé de déduire que $(x_N-x_M, y_N-y_M,z_N-z_M)=(a,b,c)$
et de là :
$\begin{cases}y_N&=a+x_M\\
y_N&=b+y_M\\
z_N&=c+z_M
\end{cases}$
alors en quoi, la notation nouvelle (pour moi) présentée est-elle un progrès par rapport à ce que j'ai fait ci-dessus ?

Borassus
12-01-2024 12:22:49

Bonjour bridgslam (et à tous ceux qui suivent cette passionnante discussion),

bridgslam a écrit :

En gros c'est ce genre d'approches qu'adoptait mon prof, de façon à ouvrir la voie à des questions multiples gravitant autour d'un thème bien ciblé. [...] mais une mini-tempête intellectuelle, quand ce n'est pas une tornade, peut en motiver plus d'un... Et un bon coup de vent dégage souvent les avenues, en balayant du même coup des idées parasites.

Oh que vous me parlez d'or !
C'est cette démarche, peut-être pas aussi étendue en termes de logique et d'analyse, que je préconise à mes élèves face à un exercice : allez toujours chercher au-delà de l'énoncé de l'exercice !!

Par ce que je peux voir par les innombrables exercices de manuel — j'acquiers systématiquement les manuels de mes élèves ; j'ai sur mes étagères une petite fortune — de contrôle et de DM, l'immense majorité des exercices se termine pour les élèves par « Oui, ET ??? » laissant les élèves aussi perplexes face à l'exercice qu'une poule ayant trouvé un couteau, et donc n'apporte pas matière à observation, à déduction et à généralisation.

Cette non incitation à voir plus loin que le bout du nez de l'exercice entraîne tout un enfumage — au sens de celui des apiculteurs avant d'intervenir sur une ruche — de l'esprit.

Dans une vie antérieure, j'ai été pendant trente années rédacteur technique indépendant — j'expliquais avec une démarche pédagogique toujours soignée l'utilisation de systèmes, logiciels, machines... complexes destinés à des utilisations professionnelles.
Lorsque, intrigué par une spécificité que je ne comprenais pas, je demandais à mon interlocuteur, souvent un jeune ingénieur, la raison de celle-ci, je me voyais répondre « Je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question. J'ai appris à l'Ecole que c'était comme cela, et j'ai retrouvé le même raisonnement ici. »
En creusant, nous nous rendions compte que la question méritait d'être approfondie.


Les deux fonctions [tex]f[/tex] et [tex]g[/tex] en question sont définies par [tex]f(x) = e^x[/tex] et [tex]g(x) = -e^{-x - 1}[/tex].

En me rendant compte de la symétrie de ces deux fonctions par rapport au point [tex](-\frac{1}{2} , 0)[/tex], j'ai expliqué à mon élève comment vérifier que deux fonctions sont symétriques par rapport à un centre présumé [tex]C(\alpha, \beta)[/tex].

Bonne journée également.
B.

bridgslam
12-01-2024 11:37:44

Bonjour

@Borassus:

Je ne connais pas en détail votre exercice, mais j'imagine qu'il pouvait par extension déboucher sur de bonnes perspectives, et faire toucher du doigt à votre élève plusieurs notions que l'on retrouve tout le temps en logique, et en analyse:

- condition suffisante: si la fonction dérivable en question est symétrique localement vis à vis d'un point appartenant à une tangente ("point milieu" pivotant le comportement de la fonction au voisinage des deux points de tangence))
- condition encore plus suffisante: la fonction est carrément symétrique globalement par rapport à ce point (qui peut le plus peut le moins): c'est le cas si j'ai bien compris...
- examiner des contre-exemples pour voir que la condition n'est pas nécessaire (fonctions paires avec des tangentes horizontales... ou questions analogues par translations horizontales)
- examiner la possibilité de plusieurs tangentes éventuelles répondant à la question
- etc

En gros c'est ce genre d'approches qu'adoptait mon prof, de façon à ouvrir la voie à des questions multiples gravitant autour d'un thème bien ciblé.
C'est vrai que les notions afférentes ne sont pas toujours acquises ( ni/ou assimilées ) par l'étudiant (vues plus tard dans le programme etc), mais une mini-tempête intellectuelle, quand ce n'est pas une tornade, peut en motiver plus d'un... Et un bon coup de vent dégage souvent les avenues, en balayant du même coup des idées parasites.

Bonne journée

A.

Borassus
11-01-2024 22:59:49
yoshi a écrit :

Bonsoir, Hé bé, ça vole haut, aujourd'hui...

Fichtre, quel débat ! Les étudiants qui nous lisent — car nous sommes dans le forum "Supérieur", n'est-ce pas ? :-) — doivent avoir l'impression de voir d'en bas un vol d'oies sauvages, là-haut dans le ciel.  :-)

yoshi a écrit :

En Math Elem

"Maths Elem" quel doux son, faisant partie des antiquités oubliées d'ici quelques années, quand notre génération aura disparu.  :-)

Pour expliquer à mes élèves que la commutativité du produit et de la somme ne porte que sur le résultat du calcul et non sur la logique du calcul, j'utilise deux exemples :

- « Tu as 100 euros dans ta tirelire. Ta mamie t'offre (généreusement) 5 euros. Comme tu es bien élevé(e), tu dis « Merci Mamie ». (Ce que tu penses de la pingrerie de ta grand-mère t'appartient.)
Maintenant, il ne te reste plus que 5 euros dans ta tirelire. Ta Mamie t'offre 100 euros. Là, ton ton change complètement : « Merciii Mamiie !! »

- Vous chahutez en classe, malgré les avertissements de plus en plus énervés de votre prof. Bing ! Interro surprise !
Quelle différence y a-t-il entre 3 fois 18 et 18 fois 3 ?
Les élèves comprennent immédiatement : 3 fois 18 signifie que trois élèves ont eu 18, ce qui n'a rien d'exceptionnel ; alors que 18 fois 3  signifie que 18 élèves, soit la moitié de la classe, se sont bananés avec 3 !!

yoshi a écrit :

Ah, les sacro-saintes formules

Ce qui est grave, ce n'est pas tant les formules que l'incompréhension de la logique de ces formules.

J'ai eu l'année dernière une réponse très révélatrice d'un élève de Terminale — je ne donne que des cours particuliers depuis douze ans, et ne suis donc pas soumis à inspection :-) — : je lui demandais comment il développe [tex](a + b + c)^2[/tex].
« Ben, j'écris [tex](a + b + c)(a + b + c)[/tex] et je développe. »
Lorsque j'écris à mes élèves [tex](a + b)^2 = a^2 + b^2 + 2ab[/tex], il comprennent tout de suite qu'il faut d'abord sommer les carrés puis les termes 2 fois le produit de deux termes différents. Et savent tout de suite développer [tex](a + b + c)^2[/tex], [tex](a + b + c + d)^2[/tex], etc.

bridgslam a écrit :

quand mon prof en terminale C de façon épisodique évoquait des notions plus profondes que le cours proprement dit, je reconnais que ça piquait ma curiosité et me donnait du coeur pour percevoir des paysages harmonieux méconnus.

Oui !!
C'est fondamental, la curiosité ! Elle a été le moteur d'une grande partie des compréhensions acquises par l'Humanité : pourquoi tel phénomène observé ? qu'y a-t-il au-delà de cette montagne ? de cette mer ? que se passe-t-il si j'essaie telle action ?........
Sans la curiosité, nous ne serions absolument pas arrivés à notre niveau technique et scientifique.

Malheureusement, on n'incite pas les élèves à être curieux.
Je le vois régulièrement dans l'énoncé des exercices.
Pas plus tard qu'hier soir, j'expliquais à un élève de Terminale la résolution d'un exercice demandant de déterminer la tangente commune à deux courbes. L'exercice ne demandait rien de plus.
J'ai alors voulu déterminer les coordonnées des deux points de tangence, tout simplement parce que cela fait partie de la curiosité que j'estime naturelle. Je me suis rendu compte que les ordonnées de ces deux points sont opposées. Tiens ? Les points seraient-ils symétriques ? En calculant la moyenne des abscisses, j'ai compris que les deux points de tangence sont effectivement symétriques par rapport à un centre de symétrie (-1/2, 0).
Etape de curiosité suivante : les deux courbes sont-elles elles aussi symétriques ? Calculs faits, oui elles le sont ! Et tout cela, l'exercice ne voit pas plus loin que son nez, et surtout ne fait pas voir plus loin que son nez !
L'élève ne comprenait absolument pas ma jubilation d'avoir découvert, du fait de ma seule curiosité, cette symétrie : « Qu'est-ce que cela m'apporte de savoir que les deux courbes sont symétriques ? »

DrStone
11-01-2024 21:22:01

Bonsoir yoshi.

yoshi a écrit :

Ah, les sacro-saintes formules : Rabelais avait raison qui disait Science sans conscience n'est que ruine de l'âme...
Ou encore, en 4e : la nature de ce quadrilatère est un triangle...

C'est, selon moi, là où les décriées mathématiques modernes avaient vu juste : restreindre, chaque année, l'enseignement à un petit sous-ensemble de notions théoriques (6ème: ensembles, relations applications, entiers… ; 5ème: relations binaires, entiers relatifs, arithmétique… ; 4ème: groupes, nombres décimaux, géométrie affine (qui ne disait pas son nom), …), revues et approfondies à chaque fois, avec pas mal de mise en pratique (longueur d'un segment, aires sur un quadrillage, repérage sur le plan, puissances, …).
Par exemple, les relations n'étaient pas vu mathématiquement en sixième mais plutôt concrétisées avec des relations comme "… joue la scène … de la pièce Roméo et Juliette" ou encore "… est né le même jour de la semaine que …"
Dans le même genre on voyait dès la sixième la commutativité, l'associativité et la distributivité sur de petits ensembles et de petits nombres entiers, ce qui permettait par exemple d'arriver en quatrième et de pouvoir justifier aisément pourquoi les identités usuelles se développent comme ça et pas autrement (à coup de justification de chaque ligne : "…=… parce que la multiplication est distributive sur l'addition" ; "…=… parce que l'addition est associative", etc).

Malheureusement, les concepteurs de ces programmes ont voulu aller trop loin en n'écoutant pas les complaintes des professeurs, parents d'élèves et autres acteurs de la société civile. On s'est donc retrouvé avec des programmes de quatrième et troisième qui devenaient rapidement incompréhensibles pour l'élève moyen (je me souviens avoir eu beaucoup de mal à assimiler la géométrie en quatrième et en troisième : ce n'est qu'en terminale que j'ai pu reprendre mes livres de collège et les apprécier pleinement). Ça s'est retourné contre eux et les mathématiques modernes ont depuis lors disparu ; alors que si l'ambition ne l'avait pas emporté il aurait été possible de remanier, de génération en génération, ce programme pour le rendre plus accessible (en retirant un point compliqué par là mais en le remplaçant par une notion plus simple autre part permettant une meilleure assimilation d'une autre notion…). À la place ; on a fait table rase. C'est dommage.

bridgslam
11-01-2024 21:18:42

Bonsoir

Pour enfoncer le clou on peut parler aussi d'intégrande en théorie de l'intégration, et sa version réduite de sommande
(terme inconnu de moi jusqu'à hier) vis à vis des familles sommables.
Sinon quand mon prof en terminale C de façon épisodique
évoquait des notions plus profondes que le cours proprement dit, je reconnais que ça piquait ma curiosité et me donnait du coeur pour percevoir des paysages harmonieux méconnus.
Bref pas de regret, au contraire.
Le goût viendrait-il en goûtant ?
Certes c'est en forgeant qu'...., encore faut-il avoir envie de manier le marteau et l'enclume...

A.

yoshi
11-01-2024 20:30:53

Bonsoir,

Hé bé, ça vole haut, aujourd'hui...

se plaignent des jeunes (travailleurs) d’aujourd’hui qui sont incapables de trouver le périmètre d'un cercle ou de calculer correctement une surface à carreler pour commander la bonne quantité de carrelage…

Bin oui... Et encore, dans une copie du Brevet, je suis tombé sur cet avertissement - honnête, somme toute - :

Je ne sais pas calculer le périmètre du triangle  équilatéral (on leur donnait la longueur du côté !) : avec mon professeur, nous n'avons pas revu la formule cette année...

Fallait-il en rire ou en pleurer ?
Ah, les sacro-saintes formules : Rabelais avait raison qui disait Science sans conscience n'est que ruine de l'âme...
Ou encore, en 4e : la nature de ce quadrilatère est un triangle...

Maintenant, même retraité depuis un temps certain, ça me gêne encore qu'on n'évoque plus les termes de multiplicande et de multiplicateur... Quand bien même la multiplication est commutative et que 21 = 7 x 3 = 3 x 7, si on veut aboutir à 21 est multiple de 3, effectivement l'écriture 21 = 3 x 7 me dérange (moi, personnellement, non, le prof ou ex-prof, si !) à cause des non-dits...
Et je pense encore que les appellations multiplicande & multiplicateur auraient dû être maintenues, dividende et diviseur l'étant. Dans ce cadre, on devrait encore évoquer l'associativité et la commutativité : je le faisais et m'en servais : ça n'avait jamais dérangé personne...

Borassus, fais attention quand même : (je ne sais pas si ce credo est toujours en vigueur aujourd'hui. En principe oui)...
Mais nos IPR savaient nous répéter : on ne doit pas enseigner à un niveau n+1 quand on est est à un niveau n.. Donc, si on ne respectait pas cette consigne, on flirtait avec la faute professionnelle.
Il faut savoir assurer ses arrières, i. e. être capable de justifier - si tu  passes outre - que la notion de niveau n+1, de la façon dont tu l'as introduite, a une place naturelle à un niveau n, mais ne pas l'inclure dans un contrôle noté (je ne range pas - et ne rangeait pas - les Devoirs Maisons notés dans la colonne contrôle noté.
J'étais Borderline, mais sans remords et avec précaution...
Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de ces notions n+1 (qui ne sont de ce niveau que parce que virées des programmes dans la dernière ou avant-dernière réforme...).

Je trouve moi aussi qu'on a (ça date pas mal...) une tendance persistante, et donc fâcheuse, dans les programmes qui se se sont succédé à éviter de conserver toute notion qui risque d'être considérée par les élèves comme difficiles à comprendre et à utiliser...

En Math Elem, j'avais 9 h de maths et 5 h 1/2 de Physique-Chimie par semaine, il y avait 39 élèves dans ma classe : aucun n'avait été victime d'une overdose et pourtant les différents volumes couvrant le programme composaient un menu assez copieux...

@+

DrStone
11-01-2024 17:05:58

Tout dépend. Il me semble que dans l'optique de l'époque, où seuls 30% des élèves arrivaient au bac, ça ne posait pas trop de soucis : seuls les meilleurs (ce qui n'implique pas forcément qu'il s'agissait à chaque fois de ceux qui le méritaient, malheureusement… les fils et filles à papa pouvant se payer des dizaines d'heures de cours de soutien ça existait déjà à l'époque) arrivaient en CDE pour approfondir ce qu'ils devaient en parti maîtriser. Le reste de la population avait en revanche un niveau bien meilleur qu'aujourd'hui.
Je le vois autour de moi : des amis d'amis (ou des amis de la famille) qui font des métiers manuels (du style maçons ou autres) et n'ont pas été plus loin que la troisième, mais maitrisent les bases, et se plaignent des jeunes (travailleurs) d’aujourd’hui qui sont incapables de trouver le périmètre d'un cercle ou de calculer correctement une surface à carreler pour commander la bonne quantité de carrelage…

Pour tes exemples :

  1. Peut-être que le fait d'avoir fait disparaitre le terme «multiplicande» (alors qu'il existe encore le dividende) y est pour quelque chose ?

  2. Je ne vois pas le souci, c'est plutôt standard, non ? Moi je le vois aussi comme un développement par puissances croissantes de $b$… or, comme $a$ et $b$ jouent des rôles symétriques, ça ne change rien.

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