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Lazare Carnot (13 mai 1753 [Nolay] - 2 août 1823 [Magdebourg])

Lazare Carnot est un homme politique, militaire et mathématicien français. Il est né à Nolay, en Bourgogne, en 1753, et est le fils d'un notaire qui eut 18(!) enfants. Il entre à 16 ans à l'École de génie de Mézières où il suit les cours de Gaspard Monge. Ingénieur militaire en 1773, il est affecté successivement dans diverses garnisons de Normandie et du Pas-de-Calais. Pendant cette période prérévolutionnaire, il écrit un traité de mécanique, Essai sur les machines en général, où il énonce la loi de conservation du travail. Il fréquente les cercles littéraires, rédige des poèmes : son Éloge à Vauban est récompensé par l'Académie de Dijon. Il forge aussi ses convictions politiques.

Lorsque la Révolution éclate, il est très actif. Élu député du Pas-de-Calais à l'Assemblée Nationale de 1791, puis à la Convention de 1792, il fait partie des parlementaires qui votent la mort de Louis XVI. Il devient membre du Comité de Salut Public, l'organisation dirigeante de la Terreur, en juillet 1793. Il est alors chargé de l'organisation des armées du nord, ce qu'il réussit parfaitement en les conduisant à une victoire éclatante à Wattignies. Ceci lui vaut un grand prestige et ses partisans le surnomment L'organisateur de la victoire.

C'est ce prestige qui lui permet de ne pas être inquiété à la chute de Robespierre, dont il s'était éloigné, à l'été 1794 (Thermidor an II). Il devient même l'un des cinq directeurs du Directoire en 1795. Il est favorable au respect de la volonté du peuple, qui porte une majorité royaliste aux deux Conseils, et il s'oppose au coup d'État de septembre 1797 (Fructidor an V). Il est alors contraint de s'exiler en Allemagne.

Carnot rentre en France en décembre 1799 à l'invitation de Bonaparte devenu Consul. Il est brièvement ministre de la Guerre d'avril à octobre 1800, mais il s'oppose à la montée du pouvoir personnel. Membre du Tribunat de 1802 jusqu'à sa dissolution en 1807, il vote contre le Consulat à vie, puis contre la création de l'Empire. Tenu à l'écart des responsabilités pendant sept ans, il propose ses services à Napoléon lors de la campagne de France. L'Empereur le nomme gouverneur d'Anvers en janvier 1814, et la garnison française dirigée par Carnot résiste au siège jusqu'à l'armistice signée en mai 1814 par Louis XVIII, après l'abdication de Napoléon.

Carnot occupe encore un rôle politique important en 1815, lorsqu'il devient ministre de l'Intérieur pendant la période des 100 jours. Il s'occupe alors surtout de l'instruction publique en instaurant l'enseignement mutuel (les meilleurs élèves encadrent les autres). La seconde Restauration conduit à son bannissement pour régicide en 1816, et il doit à nouveau s'exiler, d'abord à Varsovie, puis à Magdebourg où il décède en 1823.

Il est étonnant qu'avec une telle activité politique, Lazare Carnot ait eu le temps de devenir un scientifique de renom. Il est pourtant considéré avec Monge comme un des initiateurs des méthodes modernes en géométrie. Dans son traité Géométrie de position, il s'emploie à rationaliser la géométrie pure grâce à l'utilisation des nombres négatifs (par exemple, par les mesures algébriques) ou complexes. Il relance aussi l'intérêt pour la géométrie projective.

Plusieurs membres de la famille de Carnot sont devenus célèbres. Son fils est le physicien Sadi Carnot, à qui l'on doit le second principe de la thermodynamique. Son petit-fils, nommé Sadi Carnot lui aussi, est Président de la IIIè République de 1887 à son assassinat en 1894.

Les entrées du Dicomaths correspondant à Carnot

Les mathématiciens contemporains de Carnot (né en 1753)